"La série de photographies "Tropical mood" a été réalisée lors d'une résidence au Lieu d'Art Contemporain sur l’île de la Réunion. Ce qui frappe en premier lieu, c 'est ce rapport qui existe entre la nudité et la nature. Cela nous ramène à un état de pré-civilisation, où l'homme, et donc la femme, vivait presque entièrement nus sur terre.

Bien sûr, des éléments perturbateurs sont présent afin de nous mener à un travail artistique : [...] des cordes qui, parcourent le corps de l'artiste.

Cette pratique, nommée shibari, permet à Nina Scceleton de se mettre en scène. Le shibari est un terme japonais qui renvoie au jujitsu, un art martial consistant à encorder le partenaire/adversaire de manière méthodique pour l'immobiliser. Remis au goût du jour par des artistes performeurs, notamment Nawashi Kanna ; Nina Scceletton décide de le pratiquer  en solitaire pour mieux se confronter à la contrainte de l'attachement.

Le spectateur possède ici ce sentiment d'observer un acte auto-érotique d'une artiste qui utilise des éléments évoquant eux aussi des chaînes : le hamac fait de cordes entrelacées, l'enchevêtrement de la végétation,  les pneus superposés renvoient à l'idée de l'emprisonnement."

 

Florian Bruno, 2016